Les "anti-poubelle" se mobilisent

L'association "Stop décharges" creuse son trou à Dompaire

Les statuts de la nouvelle association contre le projet de création d'un Centre d'enfouissement technique ont été déposés en préfecture et une pétition circule qui a déjà recueilli une centaine de signatures.

EPINAL.- La tension ne retombe pas à Dompaire et dans le canton où le projet de création d'un Centre d'enfouissement technique (CET) de deuxième classe continue à faire du bruit.

La mobilisation exceptionnelle engendrée par la première réunion publique le 26 novembre ne se dément pas: ce soir-là, les quelque 250 participants avaient dû quitter la salle de la mairie de Dompaire trop petite, pour prendre d'assaut la salle polyvalente de la commune.

Depuis, François Martin s'emploie à organiser l'action. Conseiller municipal à Madonne-et-Lamerey, c'est lui qui est à l'origine de cette réaction et il avoue qu'il n'en espérait pas tant.

L'association "Stop décharges" a officiellement vu le jour. Ses statuts ont été déposés en préfecture et il en a été élu président. Vendredi dernier, au cours d'une nouvelle réunion regroupant une cinquantaine de personnes, François Martin a informé le public sur la façon dont comptait fonctionner l'association.

Trois grands axes:

Les statuts sont très clairs puisque les buts de"Stop décharges" tiennent en trois grands points: le refus de d'implantation d'un CET ou tout autre type de décharge contrôlée dans le canton de Dompaire et aux alentours", la protection "des cours d'eau des nappes phréatiques, des sources, des espèces végétales et animales sauvages, des milieux naturels, du patrimoine architectural et historique, de la qualité de vie et des produits du terroirs, et l'action "en faveur de la promotion l'application et le respect des lois et règlements concernant la protection de la nature".

L'autre soir, la réunion a été consacrée à mettre en place un plan d'action et à répondre aux questions en suspens. "Des questions extrêmement nombreuses", explique le président de l'association, "car l'entreprise porteuse du projet, Onyx, une filiale de la Générale des Eaux, ne nous dit absolument rien depuis l'opération séduction de début décembre où une visite sur des sites semblables a été organisée. Les pouvoirs publics sont aussi aux abonnés absents sur ce dossier".

D'autres réunions en vue:

"S'il est clair que nous luttons aujourd'hui contre ce projet local", poursuit François Martin, "nous apporterons bien évidemment notre aide dans le cas d'un projet similaire dans les cantons voisins: il est en effet aberrant, à une époque où l'ont parle d'écologie et de recyclage, de se déDarrasser des déchets simplement en creusant un énorme trou et en les y entassant à coups de bulldozer'.

Une pétition circule, qui a déjà reçu une centaine de signatures (lire ci-dessous). Des manifestations et autres actions seront organisées dès le début de l'année prochaine. "Nous ferons d'autres réunions publiques, explique François Martin. Nous ferons aussi des courriers aux élus pour leur demander de prendre position".

Devant la pression populaire, courant 2000, I'industriel et les pouvoirs publics devraient être contraints de s'exprimer.

Olivier KOPF

Deux conseils municipaux ont déjà délibéré:

EPINAL.- La pétition qui circule actuellement dans le canton de Dompaire a déjà recueilli une centaine de signatures de citoyens voulant crier leur opposition à faire de Dompaire "la poubelle des Vosges".

Deux conseils municipaux ont clairement pris position contre le projet et des élus de Begnécourt et Racécourt étaient présents dans la salle, vendredi dernier, pour adhérer officiellement à l'association "Stop décharges". La vitesse à laquelle est signée la pétition devrait être de nature à faire prendre conscience à de nombreuses municipalités que leurs administrés ne veulent pas entendre parler de cette décharge.

La force de cette pétition réside dans l'ampleur de son champ de recrutement: car le projet de centre d'enfouissement technique est considéré comme "nuisible" par une partie très vaste de la population. "Nous avons avec nous à la fois des écologistes et des chasseurs", note François Martin, "Car une décharge à Dompaire serait nuisible pour la chasse, pour les oiseaux, pour tout l'écosystème des Grands Bois et des environs, pour les promenades en famille, pour la pêche et pour l'avenir même des Grands Bois".

Santé, qualité de l'air, des nappes phréatiques, image du canton, économie, développement du tourisme vert... Les arguments des "anti-poubelle",ne manquent pas. Sans parler de la sécurité: "300 camions par semaines sur nos routes", prévoit le président de l'association ! La pétition que fait circuler François Martin remporte une vraie adhésion citoyenne. (Photo Eric Thiébaut)